Le Vrai, le Bon et le Vivant

Je me demande parfois combien sont heureux·ses dans leur vie. Je veux dire, véritablement heureux·ses. Tout le monde parle de la routine, un peu trop prenante, du métro-boulot-dodo, éreintant, du « bureau » et de ces collègues qu’ils ou elles n’apprécient même pas… Et autour de tout ça, notre société, ce tout bien trop pesant qui nous pousse à étudier, travailler, consommer, cotiser… Sois sage et travaille bien à l’école, tu pourras faire de grandes études ; fais de bonnes études, tu auras un beau diplôme ; passe ton diplôme, tu auras un emploi bien payé dans une grosse entreprise dont le CE t’offrira plein d’avantages ; garde ton job, tu pourras t’acheter une grosse voiture et une jolie maison ; cotise pour te payer une belle retraite. Epargne, toute ta vie épargne. Prévoit, pense aux lendemains qui pourraient être difficiles, protège-toi. Range-toi.

J’ai décidé que je ne voulais pas de ce mode de vie.
Chaque fois que je croise des personnes âgées dans la rue, je ne peux m’empêcher de me demander s’ils ou elles sont satisfait·es de leur vie, regardent en arrière et se disent que oui putain, ils et elles ont vécu pleinement. Parce que c’est comme ça que je veux finir moi, pleinement comblée par les années passées, les yeux pétillants d’énergie rien qu’en y repensant, et peu importe que les rides en témoignent, je veux jouir de ma vie en continu.

Mais pour ça il faut savoir vaincre sa peur. Il faut accepter de se retrouver tout·e petit·e face à l’inconnu, de ne pas savoir où aller. J’ai toujours cru que j’étais peureuse. Qu’une petite vie rangée me conviendrait, sans trop d’ambition ni de grands projets. Que je n’étais pas du genre à sauter dans le vide, à dormir dehors ou à marcher sans trop savoir où je vais. Et puis un jour je me suis retrouvée dans un avion pour le Mexique, un aller simple jusqu’à l’autre bout du monde. Et là ça m’a frappée : bien sûr que j’en avais envie. Bien sûr que j’en rêvais depuis tout ce temps. Mais surtout, bien sûr que J’EN SUIS CAPABLE. Je suis capable de vivre mes envies, de me donner les moyens de réaliser mes rêves, de refuser la vie qu’on m’impose, et de ne pas savoir. La seule chose que je sais, c’est que là, ici et maintenant, j’ai envie de vivre pour moi, et pour personne d’autre.